Réseaux Sociaux : Huit conseils pour se faire une place au soleil

Réseaux Sociaux Huit conseils pour faire une place soleil

Article paru dans « Le Figaro » le 4 décembre 2019, article de Mallory LALANNE

Les réseaux sociaux offrent aux entreprises une visibilité déterminante. Leur bonne utilisation obéit au respect de quelques règles et demande un pilotage régulier.
 
Les réseaux sociaux offrent aux entreprises une visibilité déterminante pour proposer leurs produits ou leurs services au plus grand nombre. Entretenir la présence de son entreprise sur Facebook, LinkedIn ou Instagram peut aussi être chronophage. Il convient de bien doser le temps qui leur est consacré et le chiffre d’affaires réalisé par leur biais.
 
1 – Choisir le bon réseau
 
Avant de se lancer sur les réseaux sociaux, il est important de bien définir la cible visée. Chaque réseau attire en effet un public particulier. Une entreprise qui cherche à toucher un public professionnel, B to B, s’affichera sur LinkedIn. Celle qui vise les jeunes actifs ira plutôt sur Instagram ou Snapchat. Si, au contraire, elle veut capter un public plus âgé avec un pouvoir d’achat, elle s’orientera vers Facebook. «L’âge moyen des utilisateurs sur Facebook tourne autour de 44 ans. Les jeunes désertent cette plateforme», assure Antoine Jambart, dirigeant de l’entreprise Boomerang Conseil.
 
2 – Cultiver une image cohérente
 
Une fois le réseau choisi, il convient de réfléchir au contenu des publications, au ton employé et à la posture que l’on souhaite afficher. Un dirigeant peut vouloir valoriser l’entrepreneuriat local et tisser des liens avec ses pairs dans la région ; un autre insistera sur le respect de l’environnement. Un chef d’entreprise peut aussi se positionner comme expert dans son domaine. «Pour rester lisible, il faut avoir une dominante, une certaine cohérence et construire sa stratégie sur la base d’une posture définie, recommande Samy Thuillier, directeur conseil en charge du marketing digital chez Adveris. On ne peut pas être sérieux puis subitement fun. En respectant ces codes de communication, la marque attirera une audience qui correspond à la cible. Si elle change de ton et de message, elle risque de perdre cette audience.» L’approche est la même pour les images postées sur le réseau. «Le choix du filtre, de la lumière, de la couleur sur Instagram restera le plus possible constant, précise Antoine Jambart. Rien qu’à regarder les photos ou les stories, on doit savoir que ça vient de vous.»
 
3 – Bien doser mots-clés et publications
 
Si les hashtags étaient très bien perçus il y a peu encore, c’est beaucoup moins le cas aujourd’hui. «L’algorithme va pénaliser l’utilisation abusive de hashtags», précise Antoine Jambart. Sur Instagram, il est préférable d’utiliser entre 5 et 11 hashtags en moyenne par post même si l’application en autorise jusqu’à 30. Sur LinkedIn, pas plus de 3 ou 4 hashtags sont conseillés. Au-delà, cela pourrait devenir suspect. Pour devenir plus visible, l’entrepreneur a tout intérêt à s’abonner à des comptes qui présentent un intérêt pour sa marque. Il en va de même pour les likes et les commentaires: il vaut mieux n’aimer et commenter que les posts qui ont un rapport direct avec son activité.
De même, les différents réseaux ne doivent pas non plus tous être alimentés avec la même fréquence: plusieurs posts par jour pour être visible sur Twitter alors que, sur un compte LinkedIn ou Facebook, trois par semaine suffiront. Pour un site d’e-commerce, il peut être judicieux de lier un compte Instagram où les publications ont une durée de vie de 24 heures et un compte Pinterest où une image reste quelques mois.
 
4 – Interagir avec les abonnés
 
Être présent sur les réseaux sociaux implique aussi de réagir intelligemment tout en restant cohérent avec sa ligne éditoriale.L’objectif est d’utiliser leurs caractéristiques. Facebook fonctionne ainsi comme une plateforme d’étude gratuite: grâce aux interactions avec des clients, il est possible de les écouter pour mieux comprendre leurs attentes et faire grandir une communauté pour gagner en visibilité. Mais sans oublier que les fans n’apprécient pas longtemps les publications strictement commerciales.Comment faire? Il suffit de poser des questions dans les posts, de faire appel à l’émotion des abonnés. «Les interactions avec les autres membres joueront un rôle essentiel, conseille Samy Thuillier. Le fait de répondre aux commentaires des utilisateurs, de solliciter l’avis de sa communauté dans son développement assure de gagner en visibilité et d’obtenir des abonnés qualifiés, qui sentent qu’ils font d’une certaine façon partie de l’équipe.» Les algorithmes des réseaux sociaux analysent le contenu publié et les mots-clés utilisés. Plus le contenu publié est pertinent, qualitatif et adapté à ce que son public recherche, plus les mots-clés s’articulent autour du vocabulaire utilisé par le public cible, plus la page a de chances de remonter dans les contenus suggérés aux autres utilisateurs.
 
5 – Éviter de se lancer dans la course aux likes
 
Si le compteur de followers ralentit, il est inutile de chercher à publier du contenu viral pour faire le buzz et attirer de nouvelles personnes. Car elles viendront sur votre page pour de mauvaises raisons. «C’est très bien d’avoir un million de likes, mais si cela génère trois ventes, cela ne sert pas à grand-chose, souligne Samy Thuillier. Un taux d’engagement de 5 % sur une publication, c’est vraiment bien. L’important est d’avoir une proportion d’utilisateurs qui interagit avec la publication et lui donne une ampleur plus importante.»
 
6 – Se mettre en scène
 
Pour faire grandir sa communauté sur les réseaux sociaux, il peut être pertinent de publier des vidéos courtes de deux à trois minutes. «Si c’est décalé et surprenant, cela fonctionnera encore mieux, conseille Antoine Jambart. Il est crucial de sous-titrer les vidéos pour cibler un maximum de personnes, notamment celles qui les regardent dans la rue ou les transports en commun.»
 
7 – Payer pour élargir l’audience
 
En postant un commentaire, un partage ou un like, les internautes font ainsi déjà un pas vers la marque. Mais, sur Facebook par exemple, seulement 10 % des abonnés à une page voient une publication. Acheter un lien sponsorisé est donc un bon moyen d’augmenter le trafic sur sa page. «L’intérêt pour le dirigeant, explique Samy Thuillier, est de pouvoir faire rentrer les utilisateurs dans un processus de vente: il s’agit de “pousser” vers eux des publicités incitant à l’achat seulement une fois qu’ils ont manifesté un intérêt pour les publications quotidiennes. Si on cible correctement son audience, on peut acheter une interaction entre 5 et 10 centimes. En moyenne, si vous voulez pousser votre message vers 1 000 personnes, le coût est de 5 euros.»
Facebook propose par ailleurs un outil de ciblage – targeting -, Facebook Ads, qui permet de communiquer vers des groupes ou des personnes spécifiques et de cibler très précisément un public en fonction de sa région, de son âge, ou de ses centres d’intérêt… «En fonction du dimensionnement de son audience, on paiera plus ou moins, cela commence à 10 euros, puis c’est sans limite», souligne Antoine Jambart. Quant au contenu du message, il doit être concis avec un titre et une photo, sans être trop publicitaire.
 
8 – Miser sur les influenceurs
 
Les marques font de plus en plus appel à influenceurs pour faire connaître leurs produits auprès d’une cible définie. Ces personnalités sont considérées comme légitimes et crédibles dans leur champ d’activité et sont suivies par une audience pointue et fidèle. «Des agences font du courtage en influenceurs et font du placement de produit et de marque, rappelle Antoine Jambart. C’est devenu courant sur YouTube et sur Instagram. Faire appel à des influenceurs coûte de 2 à 10 fois moins cher qu’une campagne de publicité classique sur un réseau social, pour le même niveau d’engagement.» Pour 5 000 euros environ, l’influenceur permet de se constituer très vite une communauté sur les réseaux sociaux. Pour faire baisser la note, il est aussi possible de faire appel à des micro-influenceurs. Un peu moins connus du public, ils sont de plus en plus nombreux dans tous les secteurs: la mode, la culture, les produits numériques, la restauration.