Lire en Numérique : Se plonger dans l’encre électronique

kobo-aura_1377527587Les livres électroniques je peux en parler, je fus un utilisateur de la 1ère heure.

C’est vers la mi-1999 que j’ai découvert mon premier vrai PDA (Personal Digital Assistant, pour ceux qui n’ont pas connu l’ère d’avant les SmartPhones), un Palm V pour lequel j’ai rapidement craqué : L’appareil était léger, mince, exceptionnellement design, pouvait contenir plus de 1000 rendez-vous, tâches et fiches contacts (WOW) et – déjà à l’époque – s’avérait multitâches via des applications dédiées qu’on trouvait sur le web ou qu’on pouvait transmettre de Palm à Palm grâce à la technologie infra-rouge intégrée (re-WOW). Bref, en somme, c’était un peu l’iPhone de l’époque.

Vous connaissez peut-être le site Mobipocket.com ? Déjà en 1999 le site proposait sa propre application pour s’adonner au plaisir de lire en format électronique, et c’est comme ça que j’ai pu re-dévorer Les Trois Mousquetaires dans son intégralité, ainsi que plusieurs autres classiques libres de droits. Sur mon écran à cristaux liquides d’à peine plus de 3 pouces, je ‘tournais’ les pages TRÈS souvent (environ toutes les 6 secondes, hum), mais le plaisir était lui bien réel.

Un peu plus tard, en 2001, je troquai mon Palm contre un Pocket PC, en l’occurrence un iPaq 3650 (pour les amateurs), j’y installai sans plus attendre la liseuse Mobipocket, et me replongeai dans des lectures nettement moins agréables en dépit de l’affichage légèrement plus grand : L’écran sauvagement éclairé sur les côtés avec des espèces de micro-néons piquait méchamment les yeux ! Mais des livres disponibles, il y en avait de plus en plus, finie la quasi-obligation de relire Zola, Balzac ou Dumas…

Aujourd’hui, 10 ans plus tard – comme le temps passe quand on s’amuse – je dispose d’un Kobo Aura, un modèle à mon avis idéal avec sa grosse capacité mémoire (4 Go, à comparer aux 2 Mo du Palm V : 16 000 fois plus, de quoi stocker facilement 1000 à 1500 ouvrages !), son affichage Pearl de 6 pouces…

Et si j’écris ce billet aujourd’hui c’est pour tenter de répondre à la question que vous vous posez certainement si vous n’avez pas encore adopté le livre électronique :

En termes de plaisir de lecture, d’immersion dans le texte, le bon vieux livre papier ne reste-t-il pas malgré tout supérieur, HEIN ???

Eh bien, pour moi la réponse est clairement NON. Quand je lis avec mon Kobo je suis dans l’histoire, sans discussion, sans réserve, j’y suis totalement. Plongé.

Pourquoi ? Eh bien essentiellement parce que :

  • L’appareil est léger, vraiment léger. Même avec son étui protecteur le bidule ne fatigue pas le bras ou les doigts qui le tiennent. Bien moins pesant qu’un livre de poche, par exemple.
  • L’affichage net et sans bavure, bien contrasté, sans aucun rétro-éclairage, se rapproche vraiment de ce qu’offre une bonne veille page en papier imprimée avec de la bonne vieille encre. Bluffant. …Il paraît même, d’après certains articles vus ici et là sur le web, que l’œil humain s’accommode encore mieux de lire sur fond légèrement grisé que sur fond simplement blanc. Très possible vu le temps indécent que je passe sur mon Kobo Aura !
  • Changer de page se fait très facilement et très intuitivement (on fait glisser le pouce de la droite vers la gauche), et surtout se fait vite : La page se réimprime comme par magie en bien moins d’une seconde (moins qu’il ne vous en faut sans doute pour tourner votre page de papier)

Ajoutez à ces caractéristiques une autonomie batterie de plus d’un mois (bon, une semaine si comme moi vous lisez beaucoup), des fonctionnalités intéressantes comme l’intégration d’un dictionnaire qui permet à tout moment, d’un toucher, de vérifier tel ou tel mot, et vous obtenez une machine-à-se-couper-du-monde-autour diablement efficace, et en plus assez jolie ; Apple ne renierait certainement pas le design du Kobo Touch.

Je regrette par contre le décalage qui existe encore entre l’accès aux titres papier VS leur alter-égo numérique. Certaines nouveautés, certains auteurs, n’existent qu’en format papier. On se frustre donc parfois à revenir bredouille d’une exploration de la bibliothèque en ligne d’Archambault.ca, par exemple.

Je comprends tout à fait la réserve de certains professionnels du livre à l’endroit de cette technologie, mais l’examen de ce qui s’est passé dans le monde de l’édition musicale devrait les convaincre de la vanité de leur résistance : L’écrit quittera le papier et passera au numérique.

C’est bien, ce n’est pas bien – on n’entrera pas aujourd’hui dans ce vaste débat – mais ce qui est sûr, c’est que c’est écrit dans le ciel…