Le Web et la Théorie du Complot

Paranoiaque

Vous savez ce qu’on dit des chiffres ? Qu’on peut leur faire dire ce qu’on veut. Vraiment ce qu’on veut. Un peu d’imagination, un soupçon de manipulation,  et voilà qu’on démontre par A+B – non pardon par 2+2 – que 666 (somme des valeurs numériques liées aux lettres) est le signe du Diable, que le nombre de chômeurs est de 3 millions au lieu de 5, qu’il était écrit que la Fin du Monde devait advenir en 2012, que finalement le Trou de la Sécu n’est pas si profond, que la courbe du chômage est enfin sur le point de s’inverser… Les exemples ne manquent vraiment pas, on cherche, on trouve !

Dernier exemple en date, vu sur LinkedIn :

Quote Of The Month - Chiffres

Réellement bluffant, il faut bien le dire. Et pour une fois, très sympathique 🙂

Eh bien pour le Web, c’est pareil, on peut lui faire dire ce qu’on veut. Ou plutôt, plus précisément, on peut y trouver toutes les informations requises pour prouver absolument n’importe quoi. Parce que le Web est devenu le réceptacle de l’ensemble des connaissances humaines, mais également de ses peurs, de ses croyances, de ses mythes. Le Web c’est le règne du Contenu – abyssal – et non du Savoir. Le Savoir est plus structuré, plus rassurant. Il est par essence filtré, évalué, classé, vérifié, approuvé. Et pour tout ça on peut dire merci aux pros que sont les journalistes, les universitaires, les savants, les professeurs, etc. Mais pour le Contenu eh bien c’est… n’importe qui avec un accès Internet.

Et en y passant un peu de temps, et notamment sur Facebook, on ne peut qu’être impressionné par la quantité de gens qui – sur la base de « recherches poussées » et, le croient-ils, absolument objectives – finissent par se convaincre d’idées qui ne peuvent que sembler absurde avec un peu de recul et de bon sens. Ils se convainquent d’autant plus que se cristallisent autour d’eux – typiquement sur des pages ou des groupes de discussion – des utilisateurs aux idées proches ou semblables. On se convainc soi-même et on convainc les autres, toujours un peu plus – On finit par y croire dur comme fer. Le classique cercle vicieux. On finit même par convaincre des gens qui eux n’ont rien cherché, mais qui se laissent tout simplement facilement influencer. Et puis certaines idées sont tellement séduisantes…

Les Moutons paniquent

Et on arrive à la bonne vieille Théorie du Complot. Grâce au Web, elles foisonnent et prospèrent, évidemment. Les exemples les plus marquants des dernières années :

  • ZE classique : Les attentats du 11 septembre 2001 ont été commandités par l’Administration Bush (et donc, notamment, aucun avion n’a percuté les tours. On les a fait sauter, et puis ensuite on a fabriqué les images pour faire croire à la thèse Al-Qaeda. Hum. Ben voyons). Cherchez sur YouTube des vidéos explicatives, vous ne serez pas déçu du voyage.
  • Version Show-Biz : Michael Jackson n’est pas mort, bien entendu. il coule enfin des jours heureux quelque part où il fait beau et où les paparazzis ne sont pas.
  • Plus grave : François Hollande est derrière les attentats du 13 novembre. Ou que, pour le moins, il savait et a laissé faire. Hum (bis) Ben voyons (bis). Soyons sérieux : Comment peut-on croire une seule seconde à une théorie pareille ?? Et l’étape suivante ce sera quoi ? 

Plus d’infos sur la Théorie du Complot (et pas que sur le Web) sur Wikipédia ici !