Le jour – lointain ? – où je quitterai LinkedIn

jour lointain où quitterai LinkedIn

Il y a des périodes, comme ça dans l’année, qui poussent à la réflexion, à la prise de recul.
Par exemple, tiens, je me souviens très bien du jour où j’ai créé mon compte LinkedIn
 
C’était le mardi 31 juillet 2007, je vivais à Montréal depuis quelques années (depuis 2001, pour être précis). Je me souviens qu’il faisait beau, le genre de journée où l’on se dit que vivre au bord du Saint-Laurent, c’est cool. Je devais alors sans doute avoir un peu de temps à tuer ; pourquoi ne pas en profiter, me suis-je dit, pour enfin m’inscrire sur le réseau social dont tout le monde parle.
 
jour lointain où quitterai LinkedIn
Centre-ville de Montréal vu depuis le fleuve Saint-Laurent

Je faisais sans doute partie des « early adopters”. En effet, LinkedIn en 2007, c’était encore assez nouveau. Il y avait alors quelque chose comme 25 à 30 millions d’inscrits dans le monde – une paille comparé aux 700 millions que LinkedIn revendique aujourd’hui.

jour lointain où quitterai LinkedIn

À aucun moment je n’ai pressenti alors la place que prendrait LI ultérieurement dans ma vie professionnelle (j’ai commencé à commercialiser des prestations Conseil et Formation en 2010) 12 ans, à l’échelle du Web, c’est une éternité.

Avec le temps, LinkedIn c’est devenu un peu tout cela pour moi : Un CV en beaucoup mieux, une annexe très vivante de mon site Web, un outil de veille pointue, un espace d’exploration sans limites, une tribune, un blog, un lieu d’échange et de convivialité (un peu comme ces bars où l’on retrouve ses potes) avec mes clients, mes stagiaires, mes confrères, une messagerie très pratique, un CRM, un outil de vente (Social Selling oblige), etc.

Et donc, comme il y a eu un jour où j’ai créé mon compte, il y aura fatalement un jour où je quitterai le réseau.

Inutile de s’attarder sur le Quand- j’espère évidemment que ce sera le plus tard possible ; la bonne question c’est le Pourquoi. 
 
…Quelles raisons, quels motifs pourraient m’amener à quitter le réseau ?
 
Pour commencer, on peut penser que je quitterai LI le jour où je prendrai ma retraite. J’y crois à peine moi-même mais si si, il est très possible que cela finisse par arriver. Quittant la vie active, je n’aurai plus vraiment besoin de mon compte LinkedIn. Non ? 
Well well, rien n’est moins sûr ; LinkedIn est aussi un outil de choix pour ceux et celles qui s’investissent dans des associations ou le bénévolat, ce qui est mon intention. Ou même rester au courant de ce qui se passe dans le monde professionnel.
On a toujours besoin d’un réseau pro, c’est un capital que l’on fait fructifier à vie.
 
Une autre raison – et celle-ci est meilleure – qui pourrait m’amener à fermer mon compte LinkedIn : Qu’une autre plateforme le supplante sur sa niche des réseaux pro. Pour le moment, je ne distingue aucune alternative à l’horizon. Vous en voyez une, vous ? Le fait est que sur son créneau, LinkedIn est en situation de quasi-monopole. Certes, Viadeo bouge encore, mais cela ne saurait durer. Plus aucune des entreprises que je connais ne l’utilise. RIP Viadeo. C’est triste mais c’est ainsi.
 
Je pourrais aussi décider un jour de quitter LinkedIn du fait de la dérive du réseau, ou plutôt de la dérive de ses codes, de ses usages ; on ne peut nier que LI se “facebookise” de plus en plus. Mais c’est la société toute entière qui se “facebookise” chaque jour un peu plus, et depuis des années – et même elle s’ “instagramise« . On en voit partout les stigmates.
 
Ce pauvre rhinocéros, par exemple : quelle âme perdue a pu faire ça ? Faut-il vraiment en arriver là pour pondre un p..ain de selfie ou de story Instagram et se prendre son shot de dopamine ???
Sinistre symbole, sinistre symptôme…
 
jour lointain où quitterai LinkedIn
 
Cela étant, je ne vois pas en quoi cette facebookisation de LinkedIn pourrait par exemple en diminuer l’intérêt pour faire du Social Selling. Parce que la vente, fondamentalement, c’est du lien. Cette facebookisation n’empêche pas le Lien, elle en modifie seulement la teneur, la tonalité. Disons qu’avec cette évolution des codes + ce que génère notre ami l’algorithme on en arrive à un Social Selling « de proximité”. On y reviendra 😉
 
Mais en fait, peut-être que je ne quitterai jamais LinkedIn, peut-être que c’est LinkedIn qui me quittera, peut être que LinkedIn nous quittera tous.
 
En effet, on a longtemps pensé que le futur serait un monde de machines, qu’un jour l’Intelligence Artificielle nous dominera tous. C’est un fantasme ancien et collectif, un fantasme qu’illustrent abondamment des productions telles que Matrix ou Terminator.
 
Mais peut-être qu’en fait, du fait du réchauffement climatique, du fait de l’urgence qu’il ne manquera pas de générer avec l’accélération que l’on observe, on prendra la décision de “débrancher Internet”, peut-être pour n’en conserver que les fonctions indispensables. 
Adieu alors au Web inutile (?), celui des médias et réseaux sociaux. Au lieu de vivre dans un monde dominé par les machines, on vivra dans un monde duquel les machines seront absentes. Et ce sera une excellente nouvelle pour la planète, parce que les machines, il faut les alimenter. Nos innombrables data centerssont extrêmement énergivores ; envoyer un mail, c’est polluer, commenter un post sur LinkedIn c’est polluer… 
 
Bref, rendez-vous dans 10 ou 20 ans, j’ai hâte de voir comment s’écrira l’Histoire. #OuPas …