Cet algorithme de LinkedIn qui nous rend DINGOS

Cet algorithme LinkedIn qui nous rend DINGOS

S’il y a bien un mot que l’on croise à tous les coins de posts, depuis quelques temps sur LinkedIn, c’est bien « algorithme »
Cet algorithme que nous connaissons mal, et que nous subissons. Notamment dans le cadre de nos stratégies de Social Selling.
 
Mais avant d’aller plus loin, une définition pour cadrer le sujet ; au juste, c’est quoi, un “algorithme » ??
Ouvrons notre vieil dictionnaire, et regardons ce qu’il en dit : « Ensemble de règles opératoires dont l’application permet de résoudre un problème énoncé au moyen d’un nombre fini d’opérations. Un algorithme peut être traduit, grâce à un langage de programmation, en un programme exécutable par un ordinateur” … 
Un « programme exécutable », notamment conçu pour pousser ou bien dégrader notre viralité 🙁
 
J’aime bien aussi cette variante que l’on retrouvre dans le tout dernier bouquin « Homo Deus » de Yaval Noah Harari (celui qui avait publié « Homo Sapiens », il y a 2 ans environ) : “Un algorithme est un ensemble méthodique d’étapes que l’on peut utiliser pour faire des calculs, résoudre des problèmes et prendre des décisions. Un algorithme n’est pas un calcul particulier, mais la méthode suivie pour faire un calcul
Ici on retient qu’un un algorithme est conçu pour prendre des décisions. Cela prend tout son sens quand on considère les mécanismes de viralité dans les réseaux sociaux, dans leur globalité…
 
Sur LinkedIn il existe donc un algorithme qui suit un certain nombre d’étapes pour décider en temps réel de la diffusion (portée totale au sein du réseau, rayonnement géographique, type d’audience) de chacun de nos posts / articles.
Quand j’ai démarré sur LinkedIn en 2007, pas d’algorithme. Vous faisiez 15 posts en 1 heure ? Tous vos contacts les retrouvaient sur leur mur. Dans l’ordre d’arrivée. Pour le meilleur et pour le pire (ressenti de spam). Déjà à l’époque, certains ne se privaient pas et se trouvaient rapidement – très – mal perçus.
 
Désormais, et surtout depuis la dernière grosse mise à jour de LinkedIn, fin 2016-début 2017, l’algorithme impacte énormément ce qui apparaît sur vos fils d’actualité. Oui, il existe au sein de vos relations (contacts de 1er niveau) des personnes qui ne verront pratiquement jamais vos posts. À l’inverse, il y en a qui voient presque tout ce que vous publiez !
 
Tout cela reste assez mystérieux et évolue en permanence. Des techniques de publication qui marchent bien début 2018 peuvent s’avérer inefficaces, obsolètes, dans 6 mois seulement. On n’en sait trop rien. Et même chez LinkedIn ils ne savent pas vraiment (bon, il doit bien y avoir, quelque part au siège, 1 ou 2 architecte / développeur qui savent. Faut espérer en tout cas). 
J’ai échangé récemment avec un commercial de LinkedIn. Donc salarié directement par l’entreprise LinkedIn sur Paris. Un gars qui commercialise surtout Sales Navigator.
Je lui ai demandé s’il savait comment fonctionne leur algorithme (au moins quels sont les critères les plus importants & leur poids relatif), il m’a répondu “je n’en n’ai aucune idée”. J’ai insisté, et vraiment, il semble qu’effectivement il n’en sait rien. Je lui ai demandé ensuite s’il avait suivi des formations sur ce sujet, tout au moins accès à de l’info en interne ; réponse “non” !
Je trouve cela dingue. C’est comme si, dans le show-room d’une concession automobile, un vendeur ne savait pas répondre à la question “c’est quoi comme moteur, sous le capot ?” et qu’il vous répondait “Aucune idée. Tout ce que je sais, c’est que cette voiture vous pemettra de vous déplacer du point A au point B”… Génial.
 
Mais revenons à l’algorithme. On sait quand même assez bien, à aujourd’hui, ce qui ne marche pas. Ce qui est pénalisé.
Et donc, si vous souhaitez publier un post que personne ne verra, voici la recette gagnante : 
  • Incluez un lien sortant (LinkedIn veut vous garder bien à l’abri dans sa cage dorée, donc pénalise tout ce qui permet d’y échapper 😉
  • En accompagnement, mettez très peu de commentaire, le moins de texte possible. Voire, encore mieux,  rien du tout
  • Evitez les hashtags (#), trop de risques de se faire indexer et donc retrouver par des contacts qui pourraient appuyer votre viralité
  • Ne mentionnez (tag) personne !!
  • Ce lien que vous partagez devra mener à un article publié il y a looongtemps (LinkedIn déteste le réchauffé, la récupération éhontée de vieux contenus complètement faisandés)
  • Un article que vous avez déjà partagé, de la même manière, à de noombreuses reprises
  • Et si possible avec un outil d’automation marketing, qui republie en boucle les mêmes articles.
 Actuellement, ce qui marche le mieux, ce sont les posts avec QUE du texte. Sans lien, sans photo. Mais avec un maximum de texte (200 mots environ c’est bien, soit environ 1000 caractères)
Bref, étonnament c’est vrai, l’algorithme LinkedIn favorise les contenus à priori très pauvres (mais tout dépend de ce que l’on écrite, on peut mettre beaucoup de fond, de sens, en 200 mots…. Il faut savoir écrire, quoi, voire même raconter des histoires, scénariser,  faire du StoryTelling. Ce qui n’est pas évident)
 
En dehors de ces généralités liées aux techniques de publication, les critères qu’exploite – je pense en tout cas, à force de fréquenter LinkedIn et d’expérimenter, notamment en séminaire avec mes stagiaires – l’algorithme pour décider de la viralité qu’il accorde à vos publications (posts ou articles) : 
  • Fréquence d’interaction : Plus vous interagissez avec Paul Durant, plus vous verrez du Paul Durant sur votre mur
  • Performance Social Selling Index : Plus votre SSI est élevé plus vos posts seront diffusés (mais je n’en suis pas si sûr…)
  • Proximité Métier : Un agent immobilier verra plus de posts traitant d’immobilier qu’un développeur informatique, par exemple
  • Proximité géographique : sur mon réseau, j’ai plus de 2000 relations au Canada ; je ne vois pratiquement jamais leurs posts. Pourtant bien évidemment ces gens sont actifs sur le réseau, davantage qu’en France
Votre avis ? Vous en voyez d’autres, des critères ??
 
Dans mes rêves les plus fous, je rêve que nous puissions reprendre le contrôle de notre mur, mieux filtrer ce qui y apparaît en jouant sur les curseurs suivants : 
  • Très centré métier – Tous métiers, tous domaines
  • Centrés sur tel ou tel # – Aucune prise en compte des #
  • Très localisé (ville) – Pays – International
  • Proximité réseau : que niveau 1 et 2 – Maximiser la présence des posts de contacts niveau 3
  • Influenceurs – Utilisateurs lambdas (tout venant)
  • Que des posts de profils – Que des posts de pages
  • Grouper les posts par entreprise (venant de profils individuels) – Ne pas du tout grouper les posts
Vous imaginez le potentiel de ce type de filtrage en stratégie de Social Selling ?? Ce serait juste ENORME 🙂
 
Je n’ai rien inventé ici, l’idée existe déjà mais pour filter des murs Facebook et Twitter, c’est le protoype de GOBO Social : http://internetactu.blog.lemonde.fr/2018/01/13/parametrer-notre-bulle-de-filtre-pour-en-reprendre-le-controle/